Il y a d'abord ces mains, immenses en quête d'inaccessible, ces mains, géantes comme des avirons. Mains grandies à mesure que s'enfuyait le temps. Doigts fébriles, fragiles qui jouent, acrobates douloureux, avec nos songes. Mains tendues, suspendues comme pour mieux quêter l'essence des choses. Doigts qui longent le pan d'un manteau, s'allongent en volutes, se figent. Il y a aussi ces pieds, aussi disproportionnés que les mains. Pieds grandis à mesure que grandissait le monde. Marche de vagabond originel.
Les sculptures de Clauda ne possèdent plus que leurs mains et leurs pieds pour affronter la vie comme on affronte un regard. Atlas cacochyme, clown triste musicien, penseur vrillé sur sa chaise. Et, des mains aux pieds, l'être à vif, taillé à vif, détaillé. Clauda joue avec ces cordes, ces corps sensibles, une partition étrange, les pliant à sa volonté créatrice sans craindre le désaccord. Etres de cires puis de bronze qui rendent sous ses doigts, tantôt un rire, tantôt un cri, souvent les deux en même temps, un son humain. |